Lauréat de la fondation HSBC en 2004 pour sa série «Au fil des jours» (publiée aux éditions Actes Sud), il poursuit avec «À contretemps» un travail d’une poésie intimiste, à la fois autobiographie familiale et journal de voyage. C’est la deuxième exposition personnelle que la galerie lui consacre.

Construisant une œuvre lente (cette série a été commencée il y a six ans), Patrick Taberna photographie essentiellement en voyage, et sa famille est son unique sujet, ou, du moins, elle est le fil rouge qui suscite et accompagne toute sa photographie.

Ce besoin du voyage (pas nécessairement lointain) est une stimulation pour l’imaginaire, pour retrouver un esprit d’enfance où toute journée est riche en découvertes, où l’esprit est entièrement dédié à l’instant.

«A contretemps»: c’est, dans un léger décalage par rapport au temps du quotidien, une photographie des sensations, ouverte au monde de l’enfance, à cet atelier des souvenirs où se forment des impressions durables.

La simplicité est un équilibre difficile à atteindre. Patrick Taberna réussit dans sa photographie à nous faire partager ce bonheur d’un regard à la fois simple et unique.

Bernard Plossu écrivait dans sa postface à «Au fil des jours»: «Ce que je ressens, en voyant ces images de Patrick Taberna, c’est qu’il en a besoin pour vivre…». En effet, cette photographie est essentielle car elle part d’une nécessité, celle de conserver (retrouver) cette sensation primordiale, à la fois commune et absolument personnelle, ce «Rosebud» qui nous habite plus que nous ne le pensons: le souvenir d’enfance.

L’exposition comprendra trente cinq photographies. Patrick Taberna travaille en négatif couleur 6 x 6 cm, avec un appareil Lubitel (bi-objectif rudimentaire de fabrication russe) et il fait tirer ses images sous agrandisseur, dans deux formats (25 x 25 cm et 32 x 32 cm) et une édition de 10 exemplaires.

Didier Brousse, Galerie Camera Obscura Paris

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